The Killing Joke, le film : Notre Critique

Adaptation du comics culte éponyme signé Alan Moore et Brian Bolland sorti en 1988, The Killing Joke est disponible en Direct To DVD aux Etats-Unis et en téléchargement légal depuis le 25 juillet (et depuis le 2 août en France). Après Batman : Year One et The Dark Knight Returns, DC propose aux fans la version animée d’un autre album culte du chevalier noir. Cette histoire, centrée sur le Joker et sa confrontation avec Batman, permet aux amateurs d’en apprendre plus sur le Joker, alors que Suicide Squad sort en salle avec le clown prince du crime dans le casting.

The Killing Joke étant l’adaptation du célèbre comics du même nom, nous n’allons pas revenir ici sur les différents éléments détaillés dans la critique de l’ouvrage (histoire culte ou non, la violence, la recolorisation pour l’édition deluxe, la nécessité de créer une origin story au Joker ou la fin ouverte). Si vous souhaitez de plus amples infos sur ces sujets, je vous renvoie vers la critique que vous trouverez en cliquant sur ce lien.

Revenons juste quelques instants sur l’intrigue : Batman se rend à l’Asile d’Arkham pour rendre une petite visite à son adversaire le plus redoutable, le Joker. Une fois dans la cellule, le chevalier noir s’aperçoit que l’individu qui se trouve face à lui est en réalité un interne maquillé et déguisé. Le Joker s’est une nouvelle fois évadé et va s’attaquer à la famille Gordon. Son but ? Prouver à Batman « qu’il suffit d’une mauvaise journée pour rendre marteau le plus équilibré des hommes. »

L’impact de cet histoire sur le Batverse est telle qu’elle méritait bien une adaptation. Cependant, celle-ci est très courte (46 pages dans sa version papier) et ne concerne au final que 45 minutes du film. Pour pallier cette contrainte et ajouter du contenu à cette adaptation, un prologue centré sur Batgirl a été imaginé.

Ce choix est surprenant et audacieux mais très pertinent, a priori. En effet, comme évoqué plus haut, le Joker va s’attaquer à la famille Gordon et si Barbara est au final assez peu présente dans l’œuvre, la relation qui la lie au commissaire est centrale. Cependant, le traitement réservé à ce prologue fera rapidement déchanter les plus optimistes. L’une des raisons étant que l’histoire racontée (et créée pour l’occasion) est tellement déconnectée de celle de Killing Joke qu’il est très dur de critiquer le film comme étant une entité unique. En réalité, le visionnage laisse au spectateur un arrière-goût amer d’insatisfaction : il n’a pas vu un long métrage mais deux (double-)épisodes d’une série animée mis bout à bout.

Dans cet optique nous allons construire cet article en trois parties : l’analyse des éléments communs, puis la critique de chacune des deux moitiés du film.

joker
Mark Hamill toujours excellent en Joker

Les éléments communs

Les dessins sont bien réalisés et le trait n’est pas sans rappeler celui de la série animée de 1992. On retrouve donc une imagerie familière même si par ce choix, l’équipe technique s’est éloignée des dessins très détaillés de Brian Bolland, ce qui n’est pas un problème en soit, car la qualité est au rendez-vous.

L’animation est bien gérée, cependant, la fluidité des animations aurait pu être améliorée pendant les scènes d’action. Les combats, quant à eux, sont très bien chorégraphiés et lisibles. Autre aspect crucial d’un film d’animation : le doublage en VO est très bon et on retrouve avec plaisir les acteurs principaux originaux de Batman : The Animated Series, à l’exception du personnage de James Gordon. (Je reviendrai plus longuement sur la performance de Mark Hamill dans la partie sur The Killing Joke).

Bref, d’un point de vu technique, même si The Killing Joke n’est pas parfait, il n’en demeure pas moins excellent pour autant.

Maintenant penchons nous de plus près sur les deux moitiés du film et commençons, une fois n’est pas coutume, par la seconde, c’est à dire l’adaptation à proprement parler du comics The Killing Joke.

Critique de la 2nde partie : The Killing Joke

 Allons droit au but : l’adaptation du comics est très bonne et ravira tous les fans comme les néophytes. La réalisation est soignée, des scènes ont été rallongées voire même ajoutées sans briser l’immersion du spectateur ni dénaturer le récit original. Cependant, si certains ajouts sont les bienvenus, d’autres quand à eux sont, sans être mauvais, un peu maladroits. Placés sous le sceau protecteur du Spoiler,  les paragraphes qui suivent s’attardent plus longuement sur deux exemples.

batman-the-killing-joke
Un style moins détaillé que celui de Brian Bolland mais plus proche de celui de Batman : TAS. Les fans ne seront pas dépaysés

Spoiler Afficher

Que vous ayez lu ou non les paragraphes précédents, l’élément à retenir est que l’équipe s’est permis quelques libertés par rapport au support d’origine et bien que le résultat ne soit pas parfait, il est très bon et permet d’ajouter au film de la longueur et de la consistance.

joke-3
Les flash-back de Brian Bolland (avec la recolorisation de l’édition Deluxe) …

Cependant, toutes les décisions prises au cours de l’adaptation n’étaient pas justifiées et les fans seront certainement déçus de constater le sort réservé aux flash-back. Pour ceux qui l’ignorent, lorsque Brian Bolland a recolorisé The Killing Joke à la fin des années 2000 pour une édition deluxe, il a distingué les flash-back de l’histoire principal par un choix visuel très marquant : tous les dessins évoquant les origines du Joker sont en noir et blanc. Le rouge, plus ou moins vif et présent, venant trancher avec le reste de la planche pour indiquer la progression des événements jusqu’à la naissance du clown psychopathe. En découvrant le film, non seulement le spectateur sera surpris de ne pas voir les flash-back en noir et blanc, mais en plus il devra subir des couleurs pâlichonnes dignes du filtre Sépia d’une application de photographie bien connue.

killing_joke_screenshot_by_gothicraft-d5pwno5
… et voici la même scène dans l’animé.

Autre choix regrettable dans le traitement des flash back est d’avoir supprimé le dialogue

Spoiler Afficher
pour le filmer de loin. Du coup, on n’entend pas la conversation et notamment l’interprétation que Mark Hamill aurait pu faire de ce passage important de l’histoire. Et ce, d’autant plus que sa performance est excellente de bout en bout. Les différentes intonations, les rires, la modulation de la voix entre l’histoire principale et les flash-back et enfin la chanson sont autant d’exemples par lesquels Mark Hamill montre son grand talent et le plaisir qu’il a à incarner ce personnage.

Malgré ces quelques choix regrettables, on retrouvera dans le film The Killing Joke tout ce qui a pu faire le succès de l’oeuvre originale : le découpage des scènes, les vues à la première personne, la violence, les plans ou les répliques cultes et surtout la perversité du Joker. C’est donc une bonne adaptation que la Warner et DC viennent de nous livrer, à voir et à revoir malgré ses quelques défauts.

killing joke
On retrouve les répliques cultes de l’œuvre originale

Critique de la 1ère partie : Batgirl

Penchons nous désormais sur la partie qui, comme dit plus haut, est un prologue inédit se penchant sur le personnage de Batgirl. Cette première partie débute par l’intervention du chevalier noir et de sa coéquipière rousse sur un cambriolage au cours duquel on rencontre Franz Paris, neveux d’un parrain de la pègre. Celui-ci parvient à s’échapper mais sans son butin, ce qui déclenchera la colère de son oncle. Par la suite, il voudra réparer son erreur et gravir les échelons de l’organisation familiale mais, intrigué par la belle justicière, ne pourra s’empêcher de lui laisser des indices pour jouer à jeu dangereux du chat et de la souris.

En parallèle, on suivra l’enquête menée par Batman mais surtout Batgirl, qui devra gérer une fascination naissante et malaise à l’égard de Franz Paris ainsi que le comportement ultra-protecteur de Batman qui voudra écarter sa cooéquipière à cause de son manque d’expérience.

On appréciera la volonté des scénaristes d’avoir choisi le point de vue de Batgirl et d’en faire le centre de ce prologue. En effet, cela permet de lui donner plus d’importance et a pour but de nous rendre plus empathique à son égard. Cependant cela pose deux problèmes. Le premier réside dans le fait que la relation la plus développée dans cette partie est celle liant Batman à Batgirl alors qu’en dehors de la dualité Batman/Joker, The Killing Joke se concentre sur les relations entre Batman et Gordon ou Gordon et Barbara. Dommage donc de se focaliser sur l’un des éléments les moins importants du support d’origine.

Le second problème est que l’histoire de la première partie est complètement déconnectée de celle de Killing Joke et donne vraiment l’impression au spectateur de regarder deux histoires différentes. Il aurait été, je pense, beaucoup plus intéressant de créer un arc narratif centré sur Jim Gordon, dans lequel celui-ci se verrait flirter avec les limites de la loi et l’amènerait à une prise de conscience justifiant sa réplique finale « I want it done by the book » (et en plus cela aurait permis de donner plus de pertinence à la scène du faux procès). De plus, en se concentrant sur le personnage de Gordon, on aurait pu évoquer la relation le liant à sa fille, montrer l’amour qui lie les deux et donc aurait renforcé l’empathie que le spectateur ressent pour eux ainsi que l’impact du plan du Joker.

Parce que oui, en plus d’adopter le point de vue de Batgirl, le prologue n’évoque même pas la relation qu’elle a avec son père. Et le mot « évoquer » est un doux euphémisme : pendant les 30 minutes du prologue, ils ne se parlent même pas ! A la place, on a droit à des scènes ridicules dans une bibliothèque (juste pour nous rappeler l’emploi de Barbara) pendant lesquelles elle déballe tous ses états d’âme à son collègue et ami gay.

Et là, on arrive au cœur du problème. En effet, les différents défauts que j’ai cité dans les paragraphes supérieurs auraient pu être uniquement anecdotiques et faire du prologue un passage moyen voire assez bon du film. Mais le défaut majeur de cet arc narratif est tel qu’il surprendra, décevra ou choquera, en fonction de leur sensibilité, les fans et qu’il a fait couler beaucoup d’encre sur le net.

Batman-the-Killing-Joke-trailer-screengrab-1
Un prologue centré sur Batgirl

Batgirl se laisse complètement guidée par ses émotions, ne prend pas le temps de réfléchir et d’agir calmement comme le lui a appris Batman. Franz Paris est un criminel arrogant, sociopathe et trompe-la-mort et sa personnalité fait naître chez Batgirl une sorte de fascination pour ce personnage hors norme.  Cela aura tendance à affecter leurs différentes rencontres et Franz Paris, en bon manipulateur qu’il est, en jouera en exprimant clairement son attirance sexuelle pour la belle rousse.

Mais ce sentiment de Batgirl ne fera pas que la distraire lors de son enquête, il modifiera considérablement sa relation avec son mentor. Batman, prenant conscience du danger que représente Franz Paris et son obsession naissante pour Batgirl, décide d’écarter, brutalement certes, son élève de l’enquête. Batgirl rentre alors dans une colère noire à l’encontre de l’homme chauve-souris.

Vous l’aurez peut-être compris à la lecture des paragraphes précédents, le problème majeur du prologue est le comportement global de Batgirl, plus proche d’une lycéenne découvrant ses premières amours que d’une jeune détective pleine de sagesse et de sagacité malgré son jeune âge. Alors bien sûr, Franz Paris est quelqu’un d’intrigant, c’est même une force de cette histoire, et Batman est très dur avec elle, plus dur qu’à l’accoutumée, mais cela n’explique pas pourquoi on a la douloureuse impression de regarder un Teen Movie.

Donc même si Barbara est dessinée comme une jeune adulte, son comportement est plus proche de celle d’une adolescente, impression qui est renforcée par l’attitude très paternaliste de Batman. Je ne vais pas m’étaler sur la différence d’âge entre les deux personnages, mais la manière dont ils nous sont présentés rend encore plus dérangeante la relation sexuelle qui se déroule sur un toit de Gotham. Parce que, premièrement, Batgirl est souvent associée à Dick Grayson (voire Jason Todd plus récemment) donc à quelqu’un qui a sensiblement son âge, deuxièmement, Batman ne montre aucun signe d’attirance. Il est son mentor, cherche à la protéger, même si pour cela il doit l’écarter, car il a perçu le trouble qui la tiraille.

Le défaut majeur du film n’est donc pas la relation sexuelle en elle-même mais plutôt le fait qu’elle est pas cohérente avec l’attitude des personnages dans ce même film.

frans paris
Le très bon mais très mal exploité Franz Paris

En dehors de cela, la bonne surprise est Franz Paris. Il est un peu caricatural est pourrait presque passer pour un Joker low-cost, mais il n’en demeure pas moins étrange, intriguant, fascinant. Son côté débauché assumé est très bien amené et correspond à ce personnage. Dommage que l’histoire soit aussi bâclée, parce qu’il aurait pu vraiment marquer positivement les fans du batverse.

Et à propos de la VF ?

Si les doublages de la version originale brillent par la présence d’acteurs que l’on connait depuis la série animée, ce choix n’a malheureusement pas été conservé pour la version française. Alors que l’on aurait adoré retrouvé Pierre Hatet (la voix du Doc de retour vers le futur) pour le Joker, c’est Marc Saez qui se charge de cette VF, et s’il n’est pas mauvais dans l’exercice, sa voix ne peut pas être aussi culte que celle de Pierre Hatet dans les dessins animées et certains jeux vidéo. Du côté de Batman, on retrouve la même « erreur » que pour l’animée Justice League VS Teen Titans : c’est le très bon Stéphane Jacomy qui double le chevalier noir, et si je me permet de parler d’erreur ici, c’est tout simplement parce que les vieux de la veille sont habitué à sa voix pour le personnage de Superman (il avait également doublé Jor-El, incarné par Russel Crowe, dans Man of Steel). Finalement, le seul que l’on retrouvera de notre bonne vieille série animée, c’est Alfred, toujours doublé par Jacques Ciron, mais le personnage ne fera qu’une apparition anecdotique dans The Killing Joke. Pour résumé, le doublage français est somme toute correcte, mais n’égale pas la version orginale à cause de son choix de doubleur.

Une excellente adaptation du comics original, un prologue raté, dispensable et complètement déconnecté de l’histoire principale, le tout servi par une équipe technique au top, The Killing Joke ravira les fans mais leur laissera un sentiment de déception, au mieux, de trahison, au pire. Un incontournable, à ne pas rater … à partir de la 31ème minute.

Si vous êtes intéressé, vous pouvez acheter le film ou la BD de The Killing sur Amazon grâce à notre partenariat avec la boutique :

Fan film : The Laughing Man

Vous avez aimé le Joker de Jahred Leto dans Suicide Squad mais il est trop absent à votre goût ? Vous avez adoré la prestation de Mark Hamill dans l’animé The Killing Joke mais vous connaissiez déjà l’histoire par coeur ? Vous aimeriez voir un Joker plus sombre, plus déjanté, plus sadique que jamais ? Si vous avez répondu oui, alors cette news est faite pour vous.

Un fan film sur le Joker a été mis en ligne il y a quelques jours, le 2 août (le lendemain de la sortie de Suicide Squad aux USA). Intitulé The Laughing Man (titre faisant  évidemment référence au comics The Man Who Laughs de Ed Brubaker et Doug Mahnke), ce court-métrage réalisé par Diego Hallivis dépeins un Joker froid et cinglé.

L’équipe s’est clairement inspiré du Joker de Scott Snyder et de Greg Capullo (notamment de l’album « Le deuil de la famille ») et le résultat fait froid dans le dos. Autant vous prévenir tout de suite, ce court n’est pas destiné à tout le monde (le CSA de Batman Univers propose un classement interdit au moins de 16 ans).

Autre petit bémol : il n’existe pas, à notre connaissance, une version sous-titrée. Il faudra donc vous contentez des sous-titres automatique de YouTube si vous ne maîtrisez pas bien la langue de Shakespeare. Vous trouverez la vidéo ci-dessous. Laissez un commentaire pour nous dire ce que vous en pensez.

En tout cas nous, à Batman Univers, on adore !!

GOTHAM : Bande annonce saison 3

11cb24a2f769bc2fa9ea918d4817fb8f_large

A l’occasion du Comic-Con International qui s’est déroulé à San Diego du 21 au 24 juillet 2016, la bande annonce de la saison 3 de Gotham nous a été dévoilée et une grande partie du casting était présente sur les lieux.

La bande annonce a été projetée au public lors de l’évènement, les premières minutes nous replongent dans le contexte de la série en récapitulant les 2 premières saisons, et les images inédites arrivent en fin de vidéo (à 4min15 pour les impatients).

A retenir de cette bande annonce : Continuer la lecture de GOTHAM : Bande annonce saison 3

Gotham : Présentation et critique

gotham - 1

Série diffusée depuis le 22 septembre 2014 aux États-Unis sur la Fox, Gotham revient sur les premières années de James Gordon comme inspecteur du GCPD et la jeunesse de Bruce Wayne, orphelin milliardaire et futur justicier masqué. Ce choix qui peut, à première vue, paraître surprenant, va néanmoins permettre au show de proposer un traitement inédit de l’histoire des personnages principaux du batverse. La saison 2 vient de se terminer aux USA et à cette occasion nous vous proposons de revenir en détail sur cette série dans un article en trois temps : une présentation globale de la série, un comparatif avec les comics et enfin une critique des deux saisons garantie 100% sans spoiler.

gotham - 2

Présentation générale

La série débute par le meurtre de Thomas et Martha Wayne dans une ruelle sombre, sous les yeux de leur fils, Bruce. Les inspecteurs James Gordon, récemment muté à Gotham, et Harvey Bullock, coiffé de son fidèle chapeau, héritent du dossier et viennent inspecter la scène du crime. Gordon recueille le témoignage du jeune Bruce Wayne, et, touché par la tristesse de ce dernier, lui jure de retrouver le coupable.

gotham - 3
James Gordon et Harvey Bullock dans Crime Alley

Cette promesse marque le début d’une enquête qui mènera les deux inspecteurs à croiser le chemin de membres de la mafia, de flics corrompus, de tueurs plus déjantés les uns que les autres, de grands pontes de Wayne Enterprise et de futurs super-vilains bien connus des fans du chevalier noir.

En parallèle, Bruce Wayne rencontrera la jeune Selina Kyle puis débutera ses propres recherches pour trouver l’assassin de ses parents, au grand dam de son majordome, tuteur et père de substitution Alfred Pennyworth.

gotham - 4
Alfred Pennyworth et le jeune Bruce Wayne

Enfin, une guerre des gangs éclatera entre les clans de Salvatore Maroni et Carmine Falcone au cours de laquelle Fish Mooney, lieutenant de Falcone, va tenter de tirer son épingle du jeu. Tout cela, sous le regard d’un certain Oswald Cobblepot, ambitieux homme de main de Fish Mooney.

Ces histoires vont évidemment s’entremêler, créant des alliances plus ou moins temporaires, des trahisons et son lot de révélations.

Mais arrêtons nous là sur le synopsis de la série pour éviter de spoiler et parlons de sujets un peu plus techniques. La série est (pour l’instant) composée de 2 saisons de 22 épisodes chacune. La première saison se rapproche, dans sa structure scénaristique globale, d’une série policière classique. En effet, beaucoup d’épisodes démarrent par le meurtre d’un innocent gothamien, ce qui amène Gordon et Bullock sur la scène de crime où démarrera l’enquête, enquête qui se termine inévitablement avant la fin du dit épisode. Néanmoins, les scénaristes n’en oublient pas moins de développer en parallèle les arcs narratifs principaux (la lutte de Gordon contre le crime organisé, le deuil et les recherches de Bruce Wayne et l’ascension du Pingouin dans la mafia).

Cependant, les audiences en dent de scie amèneront show-runner et producteurs à modifier, au cours de la saison 1, la structure de la série. Les enquêtes des deux inspecteurs dépasseront alors le cadre de l’épisode pour devenir des événements s’intégrant dans le récit principal, au lieu de n’être que des histoires périphériques et anecdotiques.

Ce changement de rythme, qui donna un nouveau souffle à la série, se fit surtout très marquant dans la saison 2 et permit à Gotham de trouver enfin sa propre identité. Cependant, tout est loin d’être rose et l’avenir n’en est pas moins incertain, puisqu’au pays des producteurs-rois où la loi du plus fort, ou tout du moins du plus rentable, est la seule et unique règle, Gotham est en danger. En effet, bien que la série ait été confirmée au cours du printemps pour une saison 3, l’épisode final de la saison 2 a enregistré des audiences parmi les plus faibles de toute l’histoire de la série. L’analyse des variations d’audience et leurs impacts sur la série sont un sujet vaste et complexe qu’il ne serait pas pertinent de détailler ici. Ce qu’il faut néanmoins retenir, c’est que la série a déjà su s’adapter à son public en mutant dans sa forme, et donc qu’elle peut le refaire pour répondre à un désintérêt croissant du public nord-américain, au risque de renier son identité récemment acquise, de perdre une partie de son public et de devoir s’arrêter en urgence, avant d’avoir pu explorer tout ce que ses créateurs souhaitaient raconter. Mais ça, seul l’avenir nous le dira.

Comparatif avec les comics

La première question que l’on peut légitimement se poser lorsqu’on entend parler d’une série sur l’enfance de Bruce Wayne et les enquêtes menées par James Gordon au sein du GCPD est “Est-ce une adaptation fidèle des comics ?” Et la réponse qui nous vient naturellement après avoir visionné quelques épisodes est “Non”. J’insiste : Gotham n’est pas une adaptation de comics Batman. C’est une libre interprétation des aventures et de l’univers du chevalier noir et il faut la regarder  en gardant cet état d’esprit.

Néanmoins, cette série respecte l’univers et la psychologie des personnages. On retrouve une Gotham sale, sombre, gangrenée par une criminalité tolérée voire encouragée par une pléthore de policiers quasiment tous corrompus. Les prédateurs laissent libre court à leurs désirs les plus primaires, des scientifiques fous utilisent des citoyens innocents comme cobayes et les mafieux sont prêts à tout pour que leur business continue. C’est donc bien la Gotham décrite dans les comics, comme par exemple “Batman : Year One” pour n’en citer qu’un seul.

En ce qui concerne la psychologie des personnages, on peut difficilement trouver des reproches à faire à la série. Au fil des épisodes, on découvre James Gordon droit, inflexible et incorruptible, Harvey Bullock loyal et toujours du bon côté malgré des méthodes parfois douteuses et Harvey Dent juste, pugnace, mais sujet à des pics de colère imprévisibles.

Pour donner un exemple assez parlant, prenons le cas d’Edward Nygma. Dès le premier épisode, il nous est présenté comme l’expert médico-légal du GCPD, nouveauté par rapport à son “origin story” dans les comics (par exemple, dans Batman An Zéro, il travaille pour Wayne Enterprises, et plus précisément pour l’oncle de Bruce Wayne avant de s’émanciper). Cependant, tous les aspects de sa personnalité sont déjà présents : intérêt quasi obsessionnel pour les énigmes, besoin compulsif de prouver son intelligence aux autres et énorme complexe d’infériorité amplifiant son désir impérieux de montrer l’étendue de ses compétences intellectuelles. Bien sûr, ces différents éléments de sa personnalité vont être amenés à évoluer au fil des épisodes pour rajouter de la profondeur et de la complexité à ce personnage passionnant.

gotham - 5
Edward Nygma : dans les comics et dans la série

Il nous faut donc considérer cette adaptation comme ce qu’elle est : une adaptation. A ce titre, et cela concerne les adaptations de toutes œuvres et sur tous les supports, elle se doit de prendre des libertés par rapport à l’oeuvre original, et d’apporter quelque chose de neuf. Et c’est justement là que Gotham réussit son pari : réinventer les origines de Batman, de Gordon et d’une quantité d’autres personnages sans dénaturer les comics sur le chevalier noir.

On peut aisément faire le parallèle avec les récents jeux vidéos “Batman Arkham” qui ont fait vivre à de nombreux gamers des aventures inédites et dont l’histoire est en contradiction complète avec certains comics. Mais la passion, le soin apporté au détail et surtout la maestria des développeurs dans la conception et la réalisation de ces jeux n’ont pas engendré une levée de boucliers comme on en voit régulièrement sur le net, mais au contraire un accueil très chaleureux de la part du public. D’ailleurs, ce n’est pas sans raison si “Batman Arkham City” a été, à sa sortie, considéré comme le meilleur jeu vidéo sur l’homme chauve-souris et même le meilleur jeu vidéo de super-héros de tous les temps. L’attachement à cette saga est si forte que les anglo-saxons appellent “ArkhamVerse” l’univers parallèle dans lequel se déroulent ces jeux.

gotham - 6
Batman sur les toits de Gotham dans Batman : Arkham City

C’est ce même attachement aux comics, ce même soin apporté aux détails, cette même passion pour les personnages et leur personnalité qui composent la série Gotham. On ne peut qu’apprécier autant d’efforts pour satisfaire les fans comme les néophytes de Batman.

Pour terminer sur le comparatif entre la série et les comics, on notera avec plaisir que les scénaristes ont intégré des éléments très récents de la littérature sur le chevalier noir (ceux qui ont lu la saga “Batman” de Scott Snyder comprendront).

Critique des saisons 1 et 2

Chose promise, chose due, cette critique sera 100% sans spoiler (elle est pas belle la vie ?)

Commençons par le scénario. Celui-ci est étoffé, cohérent, se développe à chaque épisode et beaucoup d’entre eux se terminent par un cliffhanger accrocheur. On regrettera cependant que certains événements sur lesquelles la série s’étend ne servent, au final, pas à grand chose dans la résolution des enjeux principaux (par exemple, le long passage de Fish Mooney sur une île bien particulière dans la saison 1). Dans la deuxième partie, le respect de l’univers des comics a été évoqué, si bien que nous n’allons pas nous attarder dessus et nous pencher directement sur la réalisation.

Celle-ci est soignée et efficace, bien qu’elle soit assez conventionnelle. On appréciera néanmoins certaines idées, comme cacher la moitié du visage de Harvey Dent dans l’ombre pour nous rappeler le super-vilain qu’il deviendra. Au contraire, d’autres choix peuvent s’avérer douteux, comme la caméra fixé au torse de Gordon et montrant son visage en gros plan pendant une poursuite. Ce plan (qu’on retrouve à plusieurs reprises dans la saison 1) est tellement en décalage avec le rythme global de la série et sa réalisation académique, qu’il tranche complètement et casse l’immersion du téléspectateur. Certaines séries de super-héros actuelles (DareDevil notamment) se montrent nettement plus audacieuse en matière de réalisation et le manque d’originalité sur ce point et l’un des défauts de Gotham.

Les décors quant à eux sont somptueux et dépeignent une Gotham qui s’est développée en pleine révolution industrielle mais où la modernité a su se faire une place. Chaque bâtiment, dans sa structure, son architecture, nous raconte une histoire qui s’intègre naturellement dans l’univers du chevalier noir. Le GCPD est l’exemple le plus frappant : ces murs massifs en pierre maçonnée, ses escaliers et rambardes métalliques et sa voûte en acier font de cet édifice un mélange parfait entre la Gotham gothique de Burton et un univers Steam Punk de SF.

gotham - 7
L’open space du GCPD

Le casting quant à lui est excellent et les acteurs interprètent tous très bien leurs personnages, même si certains surjouent un peu de manière ponctuelle (mais vu l’univers déjanté dépeint dans la série, ce n’est pas très gênant au final). Les amateurs reconnaîtront sans difficulté plusieurs acteurs, déjà vus à l’écran, que ce soit le grand ou le petit. Il est à souligner que deux acteurs ne sont pas totalement étrangers à l’univers du chevalier noir puisque Ben McKenzie (James Gordon) et Morena Baccarin (Dr Leslie Thompkins) ont respectivement doublé Batman (dans Batman : Year One) et Talia al Ghul (dans “Le Fils de Batman” et “Batman se fait du Mauvais Sang”).

gotham - 8
Morena Baccarin (Dr Leslie Thompkins)

Pour finir, et les habitués de série seront d’accord, évitez la VF et privilégiez la VO. Même si la plupart des acteurs de doublage se débrouillent très bien, la voix aigüe de Gordon, l’accent italien forcé et mal joué de Maroni et surtout la voix d’adolescent rebelle de Cobblepot ne rendent pas hommage aux acteurs originaux.

Gotham est une série de très bonne qualité, malgré quelques défauts, destinée aussi bien aux bat-fans qu’aux amateurs de super-héros en général. A l’instar des jeux vidéos “Batman Arkham”, la série crée son propre univers, tout en parvenant à rester fidèle à son matériau de base. Alors, lâchez tout et lancez vous le plus vite possible dans le visionnage de cette nouvelle adaptation des aventures du meilleur détective au monde.  

L’avis de Batman :

Gotham avait pour moi un concept assez séduisant au moment de son annonce : explorer les origines des personnages de l’univers du chevalier noir dans une Gotham où Batman n’est pas encore là pour faire régner la justice. Gros problème de mon point de vue : ce n’est en fait pas l’objectif de cette série, et si ça l’a été, elle s’en est rapidement détourné. Il faut plus voir cette série comme une version alternative finalement, une sorte de « else world » télévisé. Et si globalement j’apprécie cette approche pour les libertés qu’elle donne aux auteurs, ici, j’ai quand même l’impression que quelque chose cloche avec Gotham.

Alors contrairement à mon confrère autant de cette article, je me suis arrêté à l’épisode 7 de la saison 1. Je n’ai pas pu aller jusqu’au bout car j’ai vraiment eu du mal à accrocher, en premier lieux parce que j’ai trouvé les personnages vraiment trop caricaturaux. Nygma ne peut pas s’empêcher de poser des questions tous le temps que ça en devient presque lourd. Ivy fait une courte apparition enfant, elle a déjà le nez dans les fleurs que c’en est presque irréaliste. Selina a tout de la Catwoman adulte qu’elle sera dans 15 ans, de même que Bruce qui est déjà un Batman en culotte courte, le costume en moins à tester sa peur, à enquêter (et à être déjà dans le juste d’ailleurs) et à vouloir faire tomber les criminelles. Seul Alfred a une attitude finalement un peu nouvelle et intéressante, et malgré tout cohérente avec son personnage sans tomber dans la sur-enchère.

C’est peut-être cela que j’ai pu reprocher à Gotham après quelques épisodes : vouloir en faire un peu trop tout de suite alors qu’il y avait, à mes yeux, des histoires bien plus intéressantes à raconter sur l’avant-Batman au sein de la ville la plus sombre de la côte est des Etats-Unis.

Alfred Pennyworth (fiche de personnage)

3567589-batman_tas_alfred

Si Batman a eu de nombreux alliés, le plus ancien d’entre eux, qui n’est pourtant pas forcément le plus connu, n’est autre que son fidèle majordome : Alfred Pennyworth. Il seconde Batman dans la plupart de ses aventures, généralement confortablement installé derrière le Bat-ordinateur pour apporter un support tactique et logistique au chevalier noir.

Les origines d’Alfred ont été plusieurs fois redéfinie, mais ce qui perdure à travers les âges, c’est qu’il a été longtemps acteur de théatre, mais également médecin dans l’armée britannique. D’origine anglaise, il aurait rejoins la famille Wayne en tant que Majordome à la demande de son père mourant, Jarvis Pennyworth lui-même au service des Wayne. Bruce Wayne l’a toujours connu, et lorsque ses parents Martha et Thomas Wayne furent assassinés, Alfred devint ce qui se rapprochait le plus d’un père pour lui. Outre ses talents de cuisinier, ce sont surtout ses compétences de tacticien qui servent le plus à Batman. Alfred dispose également d’excellentes compétences en chirurgie et c’est lui qui soigne la plupart des blessures de Batman après ses combats.

alfred-arme

Cela dit, Alfred sait également s’en sortir si la situation dégénère. A plusieurs reprises, on l’a vu s’armer d’un fusil de chasse pour défendre la bat-cave alors que Batman était ailleurs. Il est également capable de se battre à mains nues, même si son âge avancé ne lui permettrait pas d’encaisser trop de coups, il est en mesure d’assommer un adversaire d’un coup de poing bien placé.

Si le personnage d’Alfred est aussi emblématique, c’est notamment parce qu’il est l’un des plus anciens de l’univers de Batman. Apparue pour la première fois en 1943 dans le n°16 de la revue Batman, c’était cependant un personnage bedonnant dont le rôle était plus comique d’autre chose. C’est avec son incarnation à l’écran par William Austin, toujours en 1943,  que son look de majordome frêle et moustachu se démocratisera.

Alfred_Pennyworth_(Alex_Ross)

Bien qu’aucune histoire ne soit réellement centrée sur le personnage d’Alfred, celui-ci a toujours un rôle très important. On pourra citer par exemples quelques albums culte comme Batman Silence ou Batman Terre Un. Batman et ses compagnons s’appuient toujours sur ses conseils, et pour la Bat-family, il est toujours d’un réconfort certains avec cette fameuse petite point d’humour anglais. Lors des communications radio, Batman et son équipe utilise le nom de code « Penny Un » pour s’adresser à lui. Alfred est également le père de Julia Pennyworth, que l’on a pu découvrir dans la série Batman Eternal.

Batman Univers revient !

 

batman_n50_cover_by_greg_capullo

Salut à vous les bat-fans ! C’est avec un certains plaisir que je vous annonce quelques nouvelles pour le site. Tout d’abord, vous avez sans doute remarqué son nouveau look, plus sobre, plus simplifié, en espérant vous faciliter la navigation dans cette nouvelle mouture ! Rassurez-vous, le contenu du site est toujours là, seul le forum est pour l’instant mis de côté, car finalement assez peu utilisé. Ce nouveau look est également l’occasion de vous proposer un site compatible smartphone et tablette, puisque vous êtes de plus en plus nombreux à venir le visiter depuis ces périphériques.

Du côté du contenu, le dossier « La chronologie The New 52 » a été mis à jour pour intégrer les dernières grosses parutions chez Urban Comics, à savoir bien sûr la série principale Batman, mais aussi Batman Eternal, toujours en cours de parution.

Le site devrait continuer à recevoir quelques nouveaux articles dans les mois à venir. En vous souhaitant une bonne lecture !

Le trailer « All Who Follow You » est en ligne

Après avoir teasé pendant tout le week-end le prochain trailer, ce dernier est maintenant disponible. Ce dernier marque le retour des principaux alliés du Chevalier Noir. En effet, le trailer nous montre différentes phases de gameplay avec Batman, accompagné par Robin, Nightwing et Catwoman.
La fin du trailer nous annonce également le retour d’Azrael, qui était apparu dans le précédent jeu de la série des Arkham par les studios Rocksteady au cours d’une mission secondaire du jeu. Dans cette mission secondaire, Azrael nous annonçait que l’apocalypse allait s’abattre sur Gotham et cet apocalypse est sur le point d’arriver…

Batman Arkham Knight, dernier jeu Batman des studios Rocksteady, sortira en juin sur les consoles PS4 et Xbox One et également sur PC.

Le trailer en VO :

Le trailer en VF :

Concours : Tentez de gagner une Funko Pop Batman !

Salut les bat-fans !

Vous êtes toujours nombreux à venir consulter chaque jour le site pour ses nombreux articles et dossiers et je vous en remercie ! Sortant de ma torpeur, j’aimerais vous proposer un concours en partenariat avec le site ilovepop.fr afin de vous faire gagner un figurine pop de Batman !

 

 

ilovepop.fr est un site amateur créé par des fans autour des figurines Funko Pop. Ces figurines ont adaptés un nombre incroyable d’univers et notamment ceux des comics DC. Pour participer, rien de plus simple ! Répondez aux trois questions ci-dessous et saisissez une adresse e-mail valide afin que nous puissions contacter le ou la gagnante afin de lui expédier son lot.

Le concours est ouvert jusqu’au dimanche 3 mai. Bonne chance à tous !

Mise à jour : Le concours  est terminé, nous avons contacté le gagnant qui recevra très prochainement son lot ! Merci à tous pour votre participation !